{"id":499,"date":"2022-11-02T21:05:41","date_gmt":"2022-11-02T20:05:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.geneacantal.fr\/?p=499"},"modified":"2023-03-27T18:17:55","modified_gmt":"2023-03-27T16:17:55","slug":"elise-rieuf-1897-1990","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.geneacantal.fr\/index.php\/2022\/11\/02\/elise-rieuf-1897-1990\/","title":{"rendered":"Elise Rieuf 1897-1990"},"content":{"rendered":"\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-twentytwentyone-separator-thick\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-twentytwentyone-image-frame\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.genea92nord.fr\/images\/GENEACANTAL\/Elise-Rieuf.jpg\" alt=\"\" width=\"383\" height=\"512\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Autoportrait vers 1920<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group alignwide is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-group__inner-container\">\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">1897&nbsp;: Naissance d\u2019Elise Rieuf \u00e0 Massiac (Cantal)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">1914-1918&nbsp;: Ecole des Beaux Arts de Clermont-Ferrand<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">1919-1922&nbsp;: Pr\u00e9paration du professorat de dessin \u00e0 Paris. Rencontre avec Marguerite Jeanne Carpentier \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Lacaze. Elise Rieuf int\u00e8gre le groupe de jeunes artistes femmes qui ont choisi M.J.Carpentier pour Ma\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">1927-1930&nbsp;: Elise Rieuf \u00e9pouse l\u2019architecte Paul Veysseyre et s\u00e9journe en Chine. Dans les rues de Shanghai et la campagne environnante, elle accumule une \u0153uvre consid\u00e9rable qu\u2019elle rapporte en France lorsqu\u2019elle se s\u00e9pare de son mari.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns alignwide is-layout-flex wp-container-3 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:100%\">\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">1931-1960&nbsp;: Postes de professeur de dessin dans diverses villes. En 1937 \u00e0 St Cloud, puis \u00e0 Paris au Lyc\u00e9e Moli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">1950 &#8211; 1957&nbsp;: R\u00e9daction de la \u00ab&nbsp;Le\u00e7on des Ma\u00eetres&nbsp;\u00bb, une longue r\u00e9flexion pleine d\u2019int\u00e9r\u00eat sur le m\u00e9tier de peintre&nbsp;: sur le dessin, les valeurs et le model\u00e9, la couleur, la ressemblance. R\u00e9daction du roman \u00ab&nbsp; Sur les Eaux de la Chine&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">1960-1987&nbsp;: Elise Rieuf prend sa retraite \u00e0 Aix-en-Provence et consacre tout son temps \u00e0 la peinture, \u00e0 l\u2019\u00e9criture, \u00e0 la musique et aux voyages qu\u2019elle aime tant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">1987-1990&nbsp;: Elise Rieuf finit ses jours \u00e0 la Maison de retraite de sa ville natale, Massiac. Malgr\u00e9 son grand \u00e2ge, sa correspondance et ses derniers carnets de dessin t\u00e9moignent d\u2019une vitalit\u00e9 intellectuelle intacte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">En 1993&nbsp;Le Mus\u00e9e municipal Elise Rieuf de Massiac est inaugur\u00e9 par Mr.Zhu Qishan, attach\u00e9 culturel de l\u2019ambassade de Chine \u00e0 Paris et le Dr Saintigny, maire de Massiac.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2010 \u2013 Shanghai&nbsp;\u2013 Le Mus\u00e9e Xu Hui accueille 64 \u0153uvres d\u2019Elise Rieuf \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019Exposition universelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Une vocation pr\u00e9coce et irr\u00e9sistible&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">D\u00e8s son plus jeune \u00e2ge Elise Rieuf observe et dessine&nbsp;: les cornettes des religieuses qui lui font le cat\u00e9chisme, ses compagnes de classe, les animaux familiers de la maison etc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Son p\u00e8re, Antoine Rieuf, est ing\u00e9nieur des travaux publics. Esprit ouvert et curieux, il se passionne pour les d\u00e9buts de la photo. Il correspond avec les fr\u00e8res Lumi\u00e8re et avec Camille Flammarion. Il constitue une int\u00e9ressante collection de min\u00e9raux et silex taill\u00e9s et fonde, avec J.B.Rames, Marcelin Boulle et quelques autres, le mus\u00e9e d\u2019Aurillac. Il approuvera et soutiendra la vocation d\u2019artiste d\u2019Elise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Sa m\u00e8re, Marie-Louise Rieuf, est originaire d\u2019une modeste famille de Marvejols, dont les enfants sont tous sortis du rang. L\u2019a\u00een\u00e9 Basile, ing\u00e9nieur au Portugal, puis au Br\u00e9sil, termine sa carri\u00e8re comme Ing\u00e9nieur des Ports et Phares d\u2019Egypte. Il coop\u00e8re \u00e0 la cr\u00e9ation \u00e0 Paris de l\u2019Ecole Eyrolles, devenue Ecole des Travaux Publics. Son fr\u00e8re Charles est proviseur du Lyc\u00e9e de Foix, un autre de ses fr\u00e8res travaille au Canal de Suez et le cadet est agr\u00e9g\u00e9 de math\u00e9matiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Elise Rieuf contracte tr\u00e8s jeune le go\u00fbt des voyages qui sera une dominante de sa vie. Elle a une dizaine d\u2019ann\u00e9es lorsque son oncle Basile l\u2019emm\u00e8ne en Egypte. (photo 1. Elise Rieuf en Egypte)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Apr\u00e8s avoir fait l\u2019Ecole des Beaux Arts de Clermont-Ferrand, elle part \u00e0 Paris, \u00e0 la fin de la 1<sup>i\u00e8re<\/sup> guerre mondiale, pour pr\u00e9parer le professorat de dessin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>La rencontre avec Marguerite Jeanne Carpentier<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">A l\u2019Acad\u00e9mie Lacaze Elise Rieuf rencontre Marguerite Jeanne Carpentier, peintre, sculpteur et graveur, qui vient de temps en temps y enseigner. M. J. Carpentier a fait partie d\u2019une des premi\u00e8res promotions admises lors de l\u2019ouverture des Beaux Arts de Paris aux femmes et fera partie des praticiens de Rodin jusqu\u2019\u00e0 la mort de celui-ci en 1917.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Elise Rieuf va devenir une assidue de son atelier du 4, rue de la Source \u00e0 Auteuil. L\u00e0, elle rencontre les membres de \u00ab&nbsp;la bande \u00e0 Rodin&nbsp;\u00bb qui se retrouvent les uns chez les autres apr\u00e8s la mort du Ma\u00eetre&nbsp;: les mod\u00e8les comme Isadora Duncan, Lo\u00efe Fuller, les sculpteurs Bartholom\u00e9, Pompon, Escoulas, le peintre Forain etc. Ambiance exaltante pour la jeune artiste. Une trentaine de jeunes femmes, qui l\u2019ont choisie comme mentor, fr\u00e9quente l\u2019atelier de M.J.Carpentier. Elles forment ce qu\u2019on appelle aujourd\u2019hui le \u00ab&nbsp;Groupe d\u2019Auteuil&nbsp;\u00bb&nbsp;: la premi\u00e8re \u00e9cole de femmes peintres ind\u00e9pendantes de la tutelle masculine de l\u2019histoire de l\u2019art. (photo 2 L\u2019atelier d\u2019Auteuil 1920)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Les liens entre Elise Rieuf et Marguerite J.Carpentier persisteront leurs vies durant, avec des hauts et des bas, car elles ont des caract\u00e8res tr\u00e8s affirm\u00e9s l\u2019une et l\u2019autre. Voici ce qu\u2019Elise \u00e9crit en 1980 sur son ma\u00eetre dans une lettre \u00e0 son neveu Charles Rieuf&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">\u00ab&nbsp;Le dessin de Carpentier est toujours juste, le volume parfait, bien que cr\u00e9ateur, et elle excelle dans le model\u00e9, d\u2019une sensibilit\u00e9 aigu\u00eb de sculpteur. Sa couleur est sobre, souvent aust\u00e8re. [\u2026] Elle nous l\u00e8gue une \u0153uvre profond\u00e9ment originale. [\u2026] En l\u2019admirant on ne peut que penser \u00e0 Rubens, qu\u2019elle pla\u00e7ait si haut, \u00e0 Delacroix et \u00e0 quelques autres tr\u00e8s grands d\u2019un autre si\u00e8cle. Elle est de cette lign\u00e9e.&nbsp;\u00bb (photo 3 Portrait de Carpentier par Elise Rieuf, huile)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Premiers postes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Titulaire de ses dipl\u00f4mes, 1<sup>ier<\/sup> et 2<sup>i\u00e8me<\/sup> degr\u00e9 d\u2019enseignement du dessin, Elise Rieuf demande un poste au Lyc\u00e9e fran\u00e7ais de D\u00fcsseldorf. Elle y reste un an. De ce s\u00e9jour datent quelques belles aquarelles&nbsp;: Hambourg, Canal en Hollande (expos\u00e9es au Mus\u00e9e municipal Elise Rieuf \u00e0 Massiac). (photo 3 Hambourg)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Elle enseigne ensuite \u00e0 Agen.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>La Chine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">En 1927, Elise Rieuf fait la connaissance de Paul Veysseyre, en cong\u00e9 en France.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Paul Veysseyre est architecte. Il est \u00e9tabli \u00e0 Shanghai depuis 1922, associ\u00e9 \u00e0 Andr\u00e9 L\u00e9onard. Les deux hommes ont remport\u00e9 le concours pour la construction du Cercle sportif fran\u00e7ais, consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque comme la perle de l\u2019Extr\u00eame Orient et qui sera la r\u00e9sidence shanghaienne de Mao Ze Dong. Les projets et les chantiers ont ensuite afflu\u00e9 pour eux dans la Concession fran\u00e7aise. C\u2019est donc aur\u00e9ol\u00e9 de ces succ\u00e8s qu\u2019il rencontre Elise Rieuf.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Le coup de foudre est r\u00e9ciproque&nbsp;: apr\u00e8s quelques entrevues, fian\u00e7ailles et mariage s\u2019encha\u00eenent rapidement et en novembre 1927 Elise Rieuf s\u2019embarque pour la Chine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Dans un roman \u00e0 forte connotation autobiographique, \u00ab&nbsp;Sur les eaux chinoises&nbsp;\u00bb (1957), elle \u00e9voque ce que furent les trois ann\u00e9es pass\u00e9es en Chine&nbsp;: d\u00e9paysement et \u00e9merveillement, amour passionn\u00e9 et d\u00e9sillusion, aspiration \u00e0 la libert\u00e9 et affirmation de sa personnalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">D\u00e9paysement&nbsp;: elle ne parle ni anglais ni chinois et doit g\u00e9rer, loin des siens, une nombreuse domesticit\u00e9 dont elle ne comprend pas la mentalit\u00e9. Son mari l\u2019a dot\u00e9e de qualit\u00e9 de \u00ab&nbsp;ma\u00eetresse de maison&nbsp;\u00bb dont elle se sent tr\u00e8s d\u00e9pourvue, elle qui n\u2019aime que lire et dessiner.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Emerveillement&nbsp;: tout la fascine dans ce monde oriental qu\u2019elle d\u00e9couvre. Visages, attitudes, couleurs, atmosph\u00e8re. Paul Veysseyre poss\u00e8de un house-boat avec lequel ils font de longues excursions sur le Yang Ts\u00e9. Ce seront, dira-t-elle plus tard les moments les plus heureux de sa vie conjugale. (photo 4. Sur le house boat)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><em>\u00ab&nbsp;Ah, pouvoir rendre cette vie color\u00e9e avec son crayon et ses pinceaux, avoir assez de talent pour fixer ce qui \u00e9tait pour elle une telle d\u00e9lectation&nbsp;! Ces beaux mouvements amples, ces rythmes contrast\u00e9s&nbsp;: celui du rameur, du lanceur de bambou, de l\u2019enfant pench\u00e9 sur son bol de riz, de la femme lavant ses loques&nbsp;; tout cela estomp\u00e9 par une fr\u00e9missante enveloppe a\u00e9rienne d\u2019un bleu violac\u00e9, qui venait glacer les surfaces miroitantes\u2026&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Sur les Eaux chinoises<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">En 1929 elle fait un s\u00e9jour en montagne, la chaleur humide de Shanghai ayant \u00e9prouv\u00e9 sa sant\u00e9. Elle se rend \u00e0 la station climatique de Linchow&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><em>\u00ab&nbsp;Elle sentait qu\u2019elle avait l\u00e0 \u00e0 ses pieds \u00ab&nbsp;sa&nbsp;\u00bb Chine primitive, celle contempl\u00e9e jadis sur le paravent de tante Louise [\u2026], un rivage avec des pins tordus, des rochers caress\u00e9s par des vagues aux lignes curieusement enroul\u00e9es, un temple accroch\u00e9 \u00e0 des pentes que gravissait un cort\u00e8ge de p\u00e9lerins, des pics barr\u00e9s de nuages&nbsp;; enfin dans un ciel somptueux et dor\u00e9, un vol d\u2019oiseaux\u2026&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Amour passionn\u00e9 et d\u00e9sillusion&nbsp;: jalousie de l\u2019un, maladresse de l\u2019autre, l\u2019incompr\u00e9hension mutuelle s\u2019installe peu \u00e0 peu entre Elise et Paul, sc\u00e8nes violentes et retours de passion se succ\u00e8dent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Elise a cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Shanghai un cours de dessin. Elle expose au Shanghai Art Club qui regroupe les artistes des diverses concessions. Les articles des critiques sont \u00e9logieux et elle re\u00e7oit des demandes pour faire le portrait de riches Chinoises de la ville. Mais, \u00e9crit-elle \u00e0 une de ses belles-s\u0153urs, \u00ab&nbsp;Paul ne veut pas.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">La rupture se produit en 1930. Elise quitte son mari et rentre seule en France, emmenant avec elle plus de deux cents huiles, pastels, dessins, lavis et gravures r\u00e9alis\u00e9s pendant son s\u00e9jour en Chine.<em>\u00ab&nbsp;Il lui semblait parfois n\u2019avoir besoin d\u2019aucune autre chose que la libre possession d\u2019elle-m\u00eame, de n\u2019\u00eatre entrav\u00e9e par aucun lien[\u2026]&nbsp;; peut-\u00eatre \u00e9tait-elle une de ces cr\u00e9atures qui sont destin\u00e9es \u00e0 envier la stabilit\u00e9 et ne la trouve jamais, auxquelles seule la cr\u00e9ation artistique est indispensable&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Carri\u00e8re et ind\u00e9pendance<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">1930 -1936&nbsp;: Charleville, Aurillac, Lyon<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Elise Rieuf reprend son m\u00e9tier d\u2019enseignante tout en continuant \u00e0 peindre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Un Journal r\u00e9dig\u00e9 pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es du retour en France et retrouv\u00e9 r\u00e9cemment montre son d\u00e9sarroi. Elle vit un divorce humiliant. Elle a quitt\u00e9 le domicile conjugal \u2013 ce qui \u00e0 l\u2019\u00e9poque tombe sous le coup de la loi \u2013 et tous les torts lui sont attribu\u00e9s. Elle oscille entre d\u00e9sespoir, volont\u00e9 de surmonter la douloureuse passion que lui inspire encore son mari et d\u00e9sir de se donner \u00e0 son art<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><em>L\u2019art, je suis faite pour lui, je dois concentrer toutes mes pens\u00e9es sur ce point, organiser ma vie uniquement dans ce but. Je suis \u00e0 un tournant dangereux. Je dois construire d\u00e8s maintenant toute ma vie future, bien m\u2019orienter, pr\u00e9voir, aller dans un sens pr\u00e9cis et continu.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><em>Paul \u2013 comment le faire comprendre aux autres sans le d\u00e9naturer, comment le simplifier, faire comprendre ses contradictions, ses extr\u00eames dans le bien et le mal. Moi-m\u00eame qui l\u2019ait si douloureusement, si passionn\u00e9ment \u00e9tudi\u00e9, l\u2019ai-je compris&nbsp;? Parce qu\u2019il avait tant de pouvoir sur moi, ai-je vu juste&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><em>La premi\u00e8re fois que je l\u2019ai vu&nbsp;! Cette auto que j\u2019attendais, cette petite auto verte sur la route qui m\u2019apportait tant de souffrances, mon destin qui se pr\u00e9cipitait vers moi par cet apr\u00e8s-midi lumineux d\u2019ao\u00fbt. Si l\u2019on savait&nbsp;!&#8230; L\u2019auto nous a d\u00e9pass\u00e9s, elle s\u2019est arr\u00eat\u00e9e, il est descendu, pantalon blanc, feutre gris, veston de sport gris. Quelle expression&nbsp;! Une lumi\u00e8re, un regard dor\u00e9 brillant, doux, effroyablement doux, ce teint mat et lisse, cette bouche aux courbes enfantines et toute l\u2019allure tr\u00e8s jeune, tr\u00e8s droite, la t\u00eate d\u00e9couverte, le beau front net, les cheveux noirs ond\u00e9s rejet\u00e9s en arri\u00e8re. Beaut\u00e9 douce et m\u00e2le qui m\u2019a \u00e9blouie, qui m\u2019a envahie jusqu\u2019au tr\u00e9fonds. J\u2019ai parl\u00e9, mais je ne savais d\u00e9j\u00e0 plus ce que je disais. Cette lumi\u00e8re, cette chaleur qui se d\u00e9gageait de cette figure \u00e9trange, oui \u00e9trange, plus \u00e9trange que belle, plus captivante que r\u00e9guli\u00e8re, comme elle me comblait, comme j\u2019aurais voulu seulement m\u2019en p\u00e9n\u00e9trer et oublier tout le reste, d\u00e9j\u00e0&nbsp;! Sa voix douce, enfantine, pu\u00e9rile dans certaine prononciation de mot, et cependant lente et ferme, sans pr\u00e9cipitation, une voix d\u2019enfant mais ma\u00eetris\u00e9e par une dure volont\u00e9 d\u2019homme. Que de contrastes dans tout cet aspect physique. Que de choses j\u2019aurai d\u00fb y voir du premier coup&nbsp;! Mais d\u00e9j\u00e0 je n\u2019\u00e9tais plus libre, prise, prise \u00e0 jamais\u2026 non j\u2019esp\u00e8re pas \u00ab&nbsp;\u00e0 jamais&nbsp;\u00bb sans beaucoup y croire\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><em>Plus tard j\u2019ai pu observer les mains, fines, nerveuses, tr\u00e8s belles, les pieds petits \u2013 et les jambes un peu gr\u00eales&nbsp;; le torse assez large, bomb\u00e9, le dos tr\u00e8s droit, trop m\u00eame, donnant comme une l\u00e9g\u00e8re raideur voulue, les hanches minces et gracieuses d\u2019un adolescent, et le cou\u2026 quoi de plus beau que ce cou, cou de femme robuste, rond, poli, s\u2019attachant \u00e0 la t\u00eate par une ligne admirable, appelant le toucher, le baiser.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><em>. Si je supporte vaillamment la solitude totale dans laquelle je vis en ce moment, sans d\u00e9faillance, sans appel au secours (famille, amiti\u00e9, amour), si la m\u00e9diocrit\u00e9 de ma vie mat\u00e9rielle ne m\u2019atteint pas, si je surmonte regrets, d\u00e9go\u00fbts, pauvret\u00e9 de l\u2019ambiance, incompr\u00e9hension, et si je garde une certaine s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 int\u00e9rieure, si, malgr\u00e9 les crises de cafard, c\u2019est encore la joie de la libert\u00e9 et de la possession de moi-m\u00eame qui triomphent, je pourrai prendre un peu plus de confiance en moi et envisager l\u2019avenir avec ardeur.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Ce n\u2019est qu\u2019en ao\u00fbt 33 \u2013 elle a 36 ans \u2013 qu\u2019Elise se d\u00e9tache d\u00e9finitivement de Paul. Il est venu la retrouver \u00e0 Lyon. Elle h\u00e9site, \u00e0 nouveau d\u00e9chir\u00e9e, puis accepte de passer quelques jours avec lui en Belgique. Apr\u00e8s quelques heures d\u2019ivresse, elle comprend qu\u2019ils ne pourront jamais vivre heureux ensemble et \u00e9crit le mot fin \u00e0 cette phase de sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">1937 \u2013 1940&nbsp;: Saint-Cloud \u2013 S\u00e8vres 1941- 1960&nbsp;: Paris<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">La vie d\u2019Elise Rieuf se partage entre son m\u00e9tier, auquel elle doit son ind\u00e9pendance, la peinture et l\u2019\u00e9criture. En 1941, elle s\u2019installe rue du Ranelagh. Ses th\u00e8mes d\u2019inspiration favoris sont les voyages, l\u2019Auvergne et les portraits.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Les voyages&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Ils la m\u00e8neront \u00e0 travers l\u2019Europe&nbsp;: Norv\u00e8ge, Hollande, Grande Bretagne, Gr\u00e8ce, Irlande, Italie. Ils nous vaudront de pr\u00e9cieuses aquarelles empreintes de l\u2019atmosph\u00e8re particuli\u00e8re \u00e0 chacun de ces pays&nbsp;: vives couleurs des fa\u00e7ades n\u00e9erlandaises, brume de chaleur sur San Giminiano, souffle du vent maritime sur la Tamise\u2026 (photo 7 San Giminiano)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>L\u2019Auvergne<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Lointains bleut\u00e9s, villages aux toits de lauzes, visages aust\u00e8res lui inspirent huiles, pastels et lavis. (photo 8 La Tour des Mercoeur)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Les portraits<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Dans son atelier ou au cours de ses p\u00e9r\u00e9grinations, la fascination qu\u2019exercent sur elle les visages inspirera \u00e0 Elise Rieuf ses meilleures \u0153uvres. Elle utilisera largement la technique du pastel, mais aussi l\u2019huile, l\u2019aquarelle et le lavis. (photo 9 Couronne de tresse ou 1944)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><em>La ressemblance \u00e0 laquelle doit viser un v\u00e9ritable artiste n\u2019est que la r\u00e9sultante d\u2019autres r\u00e9ussites dans un ordre de valeur plus \u00e9lev\u00e9. Il cherche d\u2019abord la structure d\u2019une t\u00eate, son caract\u00e8re, et ceci a plus d\u2019importance que la copie adroite des traits. [\u2026] Il y ajoute le model\u00e9 qui donne les nuances expressives d\u2019une physionomie et tous les charmes qui viennent de l\u2019\u00e9clairage. Le grand portraitiste est forc\u00e9ment un ex\u00e9cutant de haute qualit\u00e9, mais surtout un observateur p\u00e9n\u00e9trant, sachant sacrifier le secondaire \u00e0 l\u2019essentiel. [\u2026] Il faut qu\u2019il arrive au point o\u00f9 son \u0153il aid\u00e9 par son esprit constructif \u00e9value et compare, \u00e9lague et concentre, tandis que ses doigts ex\u00e9cutent dans le m\u00eame temps. [\u2026] Plus l\u2019observation du peintre sera sensible, large et p\u00e9n\u00e9trante et plus ce qu\u2019il rendra sera r\u00e9v\u00e9lation de la vie morale.<\/em><em><strong> On peut dire que le portraitiste arrive \u00e0 la plus haute ressemblance par surcro\u00eet.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">1960 \u2013 1987 Les ann\u00e9es aixoises<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Elise Rieuf prend sa retraite \u00e0 Aix-en-Provence. Entour\u00e9e d\u2019un c\u00e9nacle d\u2019amis \u00e9pris comme elle de litt\u00e9rature, de peinture et de musique, elle passe des ann\u00e9es tr\u00e8s heureuses, \u00e9crivant, peignant et \u2013 tant que sa sant\u00e9 le lui permettra \u2013 voyageant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Entre 1982 et 1987 elle \u00e9crit \u00e0 son neveu Charles Rieuf cinq lettres, sorte de testament artistique du plus grand int\u00e9r\u00eat. Elles traitent du dessin, des valeurs, de la couleur, de la composition, du style, de l\u2019esquisse, de l\u2019influence de la photo sur le portrait, de ses ma\u00eetres pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><em>La recherche du volume dans l\u2019espace tient aux ombres et aux lumi\u00e8res et la couleur doit s\u2019y ajouter sans les d\u00e9truire. Elle \u00e9clate surtout dans les demi-teintes&nbsp;; la lumi\u00e8re intense la d\u00e9truit et l\u2019ombre l\u2019alt\u00e8re\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><em>D\u2019abord la forme, le volume dans l\u2019espace, gr\u00e2ce aux valeurs, et puis, si l\u2019on est coloriste&nbsp;: <\/em><em><strong>le charme incomparable de l\u2019harmonie des tons\u2026<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Le mus\u00e9e municipal Elise Rieuf<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Elise Rieuf passe les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie \u00e0 la maison de retraite de Massiac. Elle d\u00e9c\u00e8de en 1990. Elle a l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 Charles Rieuf son \u0153uvre peint rassembl\u00e9 \u00e0 Aix-en-Provence et \u00e0 Massiac. Charles Rieuf fait don \u00e0 la ville de Massiac de 170 huiles, pastels, aquarelles et dessins. Trois ans plus tard le premier secr\u00e9taire de l\u2019ambassade de Chine, M.Zhu Quishan et le docteur Saintigny, maire de Massiac, inaugurent le mus\u00e9e municipal Elise Rieuf.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Expositions<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">1997&nbsp;: Paris&nbsp;: Exposition Elise Rieuf, M.J.Carpentier, C.Musson \u00e0 la Maison de l\u2019Auvergne, rue de Rivoli. Une semaine, 500 visiteurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">1998&nbsp;: Clermont-Ferrand&nbsp;: \u00ab&nbsp;Une Ecole de femmes au XX\u00b0 si\u00e8cle&nbsp;\u00bb H\u00f4tel du d\u00e9partement. Huit semaines, 6000 visiteurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2001&nbsp;: Bruxelles&nbsp;: M\u00eame exposition programm\u00e9e au Parlement europ\u00e9en. L\u2019exposition est annul\u00e9e au dernier moment \u00e0 cause du 11 septembre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2010&nbsp;: Shanghai Mus\u00e9e Xuhui&nbsp;: \u00ab&nbsp;Elise Rieuf. La p\u00e9riode chinoise&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019Exposition universelle, sous l\u2019\u00e9gide de J.P.Raffarin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Saint-Flour&nbsp;: \u00ab&nbsp;Passion Carpentier. Ma\u00eetre et disciples.&nbsp;\u00bb \u00e0 la Halle aux Bleds. 2 mois et demi, 30000 visiteurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Publications<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">\u00ab&nbsp;Une Ecole de femmes au XX\u00b0 si\u00e8cle&nbsp;\u00bb par Marion Boyer. Ed.&nbsp; Un, deux\u2026quatre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">\u00ab&nbsp;Paris trait pour trait&nbsp;\u00bb par Marion Boyer. Ed.&nbsp; Un, deux\u2026quatre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Catalogue de l\u2019exposition \u00ab&nbsp;Elise Rieuf. La p\u00e9riode chinoise&nbsp;\u00bb par C. et S. Rieuf<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Catalogue de l\u2019exposition \u00ab&nbsp;Passion Carpentier&nbsp;\u00bb par C. et S. Rieuf<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1897&nbsp;: Naissance d\u2019Elise Rieuf \u00e0 Massiac (Cantal) 1914-1918&nbsp;: Ecole des Beaux Arts de Clermont-Ferrand 1919-1922&nbsp;: Pr\u00e9paration du professorat de dessin \u00e0 Paris. Rencontre avec Marguerite Jeanne Carpentier \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Lacaze. 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